Après l’effondrement total du pont Murago reliant Bujumbura et Bubanza sur la RN9, un pont de secours installé est sur le point de s’effondrer suite aux pluies de ce dimanche 20 février, il n’est plus fonctionnel.

Lundi 21 février. Nous sommes autour de 10 heures. Le constat est amer. L’état du pont Murago est pitoyable. Les quatre conteneurs placés en dessus pour servir de soutènement n’ont pas pu résister au courant d’eau. Les deux du milieu ont cédé et le pont s’est affaissé. Les bars métalliques et les planches se sont ensuite cassés.

La circulation des biens et des services est devenue très difficile. De part et d’autre du pont, des attroupements s’observent. Des chauffeurs des bus type Toyota Hiace, ou des voitures de transport dits Probox, des conducteurs de taxis-motos, des taxi-vélos se lamentent.

Les passagers sont contraints à faire des escales et des détours. Des bus qui viennent de Bujumbura s’arrêtent côté Bujumbura-rural. Idem pour ceux venus de Bubanza qui déchargent de l’autre rive, côté commune Rugazi.
Et les pertes sont énormes. « Pour le moment, du parking Ngagara jusqu’ici, les passagers nous paient 1.000 BIF. Or, avant, de Bujumbura à Muzinda, chaque personne devait payer 1.500 BIF », raconte Juma alias Shonyanga, un chauffeur de bus Bujumbura-Bubanza.

Et pour retourner à Bujumbura, il signale qu’il est très difficile de totaliser 18 passagers. En effet, explique-t-il, ’’des taxis-motos, des tuk-tuk se garent à cet endroit. Et un conducteur de taxi-moto se permet aujourd’hui de prendre deux ou trois clients. Et nous, comme nous sommes obligés d’attendre que tous les sièges soient occupés, on perd énormément du temps’’.

Ce chauffeur indique qu’avant cet effondrement du pont Murago, il pouvait gagner facilement 70 mille ou 80 mille BIF par jour. « Mais, aujourd’hui, je ne sais pas si j’aurai même 20 mille BIF. Nous demandons des travaux d’urgence pour réhabiliter cette infrastructure ».

Marc Ndihokubwayo, un passager abonde dans le même sens. « Moi, je viens de Musenyi, à Bubanza. De là, jusqu’au parking de Ngagara, on payait 2.500 BIF selon les nouveaux tarifs. Mais, aujourd’hui, de Musenyi jusqu’ici au pont Murago, je viens de payer 2.000 BIF. Et d’ici jusqu’à Ngagara, je dois payer au moins 1.000 BIF. Bref, sur le ticket habituel, il y a une hausse inconditionnelle de plus de 500 BIF. »

Ceux qui font le déplacement des produits agricoles comme le riz, le manioc, le maïs, … se lamentent aussi. « Pour un bagage qui coûtait 20 mille BIF, ils doivent payer désormais 25 mille BIF », raconte Eric Niyongabo, un chauffeur.
Et là, ce n’est pas fini. Arrivés sur le pont Murago, ils paient aussi des jeunes hommes pour transporter leurs bagages sur la tête jusqu’à l’autre rive.

Des agents de la Regideso qui étaient sur place sont aussi inquiets. En effet, des tuyaux d’alimentation d’eau sont menacés. Une fois abîmés, certains coins du nord de Bujumbura comme Carama, Gahahe, risquent de ne pas être alimentés en eau.

A quand la réhabilitation du principal pont ?

D’autres personnes rencontrées sur place déplorent la lenteur dans la réhabilitation du principal pont. « C’est déjà plus de deux que le pont Murago s’est effondré. Pourquoi il n’est pas encore reconstruit ? Que font les autorités provinciales ? », se plaint I. H, un homme croisé sur place. Il souligne que cette route, RN9, alimente la ville de Bujumbura en produits agricoles surtout.

Un autre jeune homme ajoute que l’affaissement était prévisible. « Comment peut-on réhabiliter un pont avec des conteneurs ? Et des camions continuent d’extraire du matériel de construction dans la rivière. Ces travaux fragilisent les rives. » Pour lui, la solution durable est de reconstruire le principal pont qui s’est cassé, il y a deux ans.

Sur place, on y voit aussi des pancartes de l’ARB sur lesquelles on peut lire ’’Travaux en cours’’. Mais, apparemment, les travaux sont au point mort. Juste deux machines bulldozers y sont stationnées.

Il faut noter que ce pont de secours venait d’être installé, il y a presqu’un an, par l’Agence routière du Burundi pour une somme de 320 millions de BIF.

Source: IWACU Burundi

By pr.web

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