Présentant devant l’Assemblée nationale un projet de loi portant Code de transport ferroviaire au Burundi ce 19 janvier, la ministre chargée du Transport a défendu qu’un chemin de fer serait une solution face aux défis liés au transport. Les députés demandent l’actualisation d’un Code d’indemnisation.

« Plusieurs sociétés minières intéressées à exploiter des gisements miniers présents au Burundi comme le nickel, l’or, le vanadium, le cassitérite et colombo-tantalite se heurtent aux défis liés au transport de ces produits vers les marchés internationaux », explique Marie-Chantal Nijimbere, ministre du Commerce, du Transport, de l’Industrie et du Tourisme.

Comme solution, indique-t-elle, des engagements entre les gouvernements du Burundi, de la Tanzanie et de la RDC sont déjà pris pour construire la ligne ferroviaire Uvinza-Musongati-Gitega-Bujumbura-Uvira-Kindu. Et de préciser que les constructions débuteront par le tronçon Uvinza-Musongati qui coûtera 961 millions de dollars américains.

Sur la question de savoir la source de financement de ce projet de construction d’un chemin de fer, la ministre Nijimbere explique qu’il sera exécuté sur un fond de 961 millions de dollars : « 21,8 % des fonds viendront de la mobilisation interne, 49,9% des dons et 28,3 % des prêts ».

En ce qui est de l’intérêt porté sur le transport ferroviaire, elle indique que ce mode de transport offre des avantages comparatifs par rapport à la route.

Elle cite notamment la capacité de transport des produits de masse, le coût de transport bon marché, une grande sécurité de transport des marchandises, une offre de transport ferroviaire mieux organisée et une durée de vie plus longue des infrastructures ferroviaires.

Quid des indemnités ?

Après avoir analysé ce projet de transport ferroviaire, les députés ont exprimé leurs inquiétudes et préoccupations par rapport à la construction d’un chemin de fer au Burundi.

Pour le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Dr Sabine Ntakarutimana, le montage financier de 961 millions de dollars affecterait d’autres projets du gouvernement qui pourront être suspendus. Et de demander qu’il y ait plus d’éclaircissements sur la source et la gestion des fonds.

En outre, elle recommande l’actualisation du Code des indemnités : « La population se lamente souvent que les indemnités sont minimes par rapport à l’espace cédé. Cette fois-ci, il faut bien penser aux indemnités pour qu’il n’y n’ait plus de souci pour la population ».

Même son de cloche avec le député Bède Nyandwi qui exige des indemnités satisfaisantes pour la population qui cédera leurs terres pour la construction de ce chemin de fer.
Le député Salvator Bigirimana demande au gouvernement de percevoir une grande dette auprès des bailleurs internationaux pour assurer la réussite de ce projet de chemin de fer.

Selon l’honorable Antoine Manirambona, le projet de construction d’un chemin de fer aura un impact négatif sur l’économie du pays : « Considérant les fonds alloués à la construction de ce chemin de fer, il y a risque que certains autres projets soient suspendus. Veuillez à ce que les autres projets du gouvernement ne tombent pas dans les oubliettes ».
Il doute, par exemple, que le projet de construction des barrages soit suspendu au détriment de la construction de ce chemin de fer.

Sur la question des indemnités, la ministre chargée du Transport fait savoir que les études de faisabilité prévoient un montant d’indemnisation estimé à 757. 391 dollars pour l’expropriation de la population qui sera frappé par le projet sur la ligne Uvinza-Musongati.

« L’expropriation pourra commencer dès l’année prochaine si le calendrier des activités sera approuvé par la réunion des ministres des deux pays, le Burundi et la Tanzanie », précise-t-elle.

Elle rappelle que le montage financier déjà adopté par le Conseil des ministres préconise le démarrage de la mobilisation des fonds dès l’exercice budgétaire 2022-2023 et que cela doit continuer jusqu’à la fin du projet.

Signalons que ce 16 janvier, le ministre chargé des Finances et celui des Infrastructures ont signé un mémorandum d’entente avec leurs homologues tanzaniens sur la construction d’un chemin de fer Uvinza-Musongati-Gitega d’un trajet de 282 km.


Source: IWACU Burundi

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