En partenariat avec le Projet d’Appui à l’Inclusion Financière Agricole et Rurale du Burundi (PAIFAR-B), financé par le FIDA, la Banque de la République du Burundi (BRB) a organisé, jeudi 20 octobre 2022, à Bujumbura, un atelier de sensibilisation à l’endroit des Institutions de Microfinance sur l’implémentation de la Bank Supervision Application (BSA).

« La BSA est la boussole dans la supervision et le rapportage dans le secteur bancaire et de la microfinance. Elle permet la transmission à distance des données financières sur un support électronique », a déclaré Prosper Ngendanganya, directeur de la stabilité financière et la supervision de l’inclusion financière au sein de la Banque centrale, dans son mot d’ouverture de l’atelier.

Mise en place depuis 2015 au sein de la BRB, a-t-il précisé, elle se veut, actuellement, être mise à l’échelle dans le secteur de la microfinance aussi. « Nous avons souhaité réunir tous les dirigeants et certains cadres des Institutions des microfinances pour les sensibiliser sur ce qu’est-ce le logiciel BSA. Il est utilisé pour la transmission des reportings à la Banque centrale », a-t-il mentionné.

Selon lui, le but ultime de cet atelier était de préparer le secteur de la microfinance à cette réforme pour qu’ils puissent en tenir compte dans la budgétisation mais également pour le renforcement des capacités du personnel afin de pouvoir se conformer effectivement aux nouvelles exigences qui seront édictées prochainement par la Banque centrale.

« En plus de la Banque centrale, des établissements de crédits, maintenant, il y a un projet pour qu’il y ait une extension de l’utilisation du logiciel BSA au niveau du secteur des microfinances », a-t-il annoncé, notant que dans ce processus, la BRB dispose d’un appui du projet PAIFAR-B financé par le FIDA.

Un logiciel innovant, et avantageant

Selon Alexis Niyongabo, consultant et cadre à la Banque centrale, Bank Supervision Application (BSA) est un logiciel qui a été initié en 1997 par les Banques Centrales des pays de la SADC (Communauté de Développement de l’Afrique Australe), le Kenya et l’Ouganda, et mis en exploitation en 2003. « La Banco de Mozambique en assure les aspects administratifs et développements et détient le droit d’auteur au nom des autres pays partenaires », a-t-il précisé, dans son exposé lors de l’atelier de ce 20 octobre 2022.

Actuellement, a-t-il ajouté, ce logiciel est exploité par tous les pays de la SADC, sauf la RSA, l’Ile Maurice et la Tanzanie (donc 13/16 pays de la SADC) ainsi que d’autres pays hors de la communauté à savoir le Burundi (depuis 2015), l’Ethiopie, le Sud Soudan, l’Ouganda, le Kenya, le Cap vert, la Djibouti, le Haïti et le Timor Oriental.

Un logiciel qui dispose de plusieurs avantages selon M. Ngendanganya : « Auparavant, pour les établissements bancaires, il y avait des versions physiques des rapports périodiques au niveau de la Banque centrale mais avec BSA, il y aura des transmissions en ligne des rapports exigés par la Banque centrale. » Bien avant la transmission des rapports, détaille-t-il, le logiciel va permettre de déceler les incohérences dans les différentes informations également dans les différents fichiers des états financiers donc périodiques à transmettre à la Banque centrale.

Pour lui, la BSA qui se veut comme un outil de supervision va permettre d’effectuer des analyses automatisées mais également de pouvoir établir une situation financière sur base des indicateurs de solidité financière pouvant permettre, au niveau du contrôle permanant réalisé par la Banque centrale, et plus tard, les contrôles réalisés sur place, de prendre les décisions qui s’imposent et s’assurer en tout temps de la résilience financière des institutions de microfinance.

Et de mentionner qu’il est prévu qu’il puisse y avoir une période de trois à six mois pour que la mise en place soit effective du logiciel dans les microfinances. Mais la BRB, a-t-il rassuré, comme toute autre réforme, il y a nécessité d’impliquer et d’accompagner ces secteurs.

« Avec les prérequis qui ont été présentés ici, les ajustements qui s’imposent au niveau des systèmes d’informations et de gestion des institutions des microfinances et avec ces ajustements des coûts inévitables, il y aura nécessairement un accompagnement qui tend à évaluer le moment opportun, le processus des réformes au niveau des microfinances pour se conformer aux exigences de la Banque centrale », a-t-il souligné, notant qu’en cas de besoin, une période additionnelle pour le reporting via la plateforme BSA sera accordée.

Et de signaler qu’en cas de manquements, des sanctions sont prévues : « La BRB édicte un cadre réglementaire que ça soit pour les microfinances ou bien les établissements de crédits. Et à ce niveau, il y a des textes qui concernent les sanctions à appliquer en cas de manquement à telle ou telle disposition. Ce sont des exigences qui doivent être respectées par le secteur de la microfinance. Et il y a donc des sanctions qui sont prévues. Il y a des textes de référence déjà mis en place. »

Selon lui, ce logiciel ne peut être qu’avantageux pour la clientèle qui va bénéficier des services financiers à moindre coût et surtout des services innovants.

Le PAIFAR-B, un partenaire-clé

Dans ce processus, M. Ngendabanka a souligné que le PAIFAR-B est un partenaire clé dans l’opérationnalisation de la BSA mais aussi sur différents aspects du secteur de la microfinance, spécifiquement, dans l’inclusion financière agricole. « Il accompagne la BRB dans la mise en œuvre des innovations entreprises dans le secteur de la microfinance dont elle est la garante. La mise en place de la BSA réduit fortement les imperfections longtemps constatées dans le rapportage des données chiffrées transmises par les institutions assujetties. Il accompagne la BRB pour la sensibilisation, pour la concrétisation de telle ou telle autre réforme initiée par BRB. »

Selon ce cadre de la Banque centrale, c’est un partenaire important parce qu’en plus de l’inclusion financière agricole, qui est un volet essentiel pour le projet, c’est également un plus pour l’objectif de la Banque centrale de faciliter l’accès aux services financiers pour toutes les couches de la population et à des coûts abordables.

Et de son côté, Epaphrodite Semyampi, chargé de la finance rurale au PAIFAR-B signale que le projet appuie les institutions de microfinances sur ses différentes formes. « Ici, j’évoquerais en termes d’appui aux renforcements des capacités, la mobilisation du fonds de garanties, la disponibilisation de la ligne de crédits à travers les Banques commerciales, en l’occurrence la BNDE », a-t-il détaillé.

Selon lui, le PAIFAR-B va jouer un rôle de facilitation, appuyer les institutions de microfinances à bien s’organiser. En ce qui est du renforcement des capacités, il a précisé que le projet va aider au niveau de l’identification des besoins et tout autre besoin de nature à permettre l’implémentation du logiciel BSA.

« Mais aussi, le PAIFAR-B va appuyer la Banque centrale à pouvoir réunir tous les acteurs autour de ce sujet qui est aujourd’hui comme un sujet tabou. Il y a beaucoup de travaux qui vont suivre qui seront supportés par le projet. Bref, le PAIFAR-B va appuyer toutes les parties prenantes autour de ce sujet : la BRB, les microfinances, etc. »

Selon lui, ce logiciel vient répondre à certaines lacunes qui se manifestaient depuis un certain temps. Les cas des manquements au niveau du reporting de la part des institutions de microfinances, des lacunes en rapport avec le temps, les ressources humaines consacrées à ce travail, les manquements au niveau des ressources financières. « Ce qui handicapait le fonctionnement d’une façon globale au niveau des institutions des microfinances. »

Au niveau de la Banque centrale, il s’est manifesté des difficultés à recevoir les différents rapports sur papier et à pouvoir les conserver. « C’est aussi dans le souci de vouloir évoluer avec le temps. Et le secteur bancaire, financier ne doit pas rester en arrière en ce qui est du digital », conclut-il.

Source: IWACU Burundi

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