Un jugement non exécuté cause beaucoup plus de conflits entre le plaignant et l’accusé. Vaut mieux ne pas trancher sur un dossier judiciaire si on n’est pas sûr quand il sera exécuté », fait remarquer le président de la République, Evariste Ndayishimiye.

C’était ce mercredi 29 décembre au cours de sa conférence publique au stade Intwari en mairie de Bujumbura. Il a fait une promesse : « Il va falloir en 2022 que tous les jugements rendus soient exécutés rapidement afin de procéder à la clôture des autres dossiers ».

En plus de l’exécution des jugements rendus, le président de la République a recommandé que les procédures judiciaires soient plus rapides : « A partir de l’année prochaine, notre vision est que chaque dossier judiciaire soit clôturé dans moins de trois mois. On fera tout ce qui est possible avec les magistrats et les juges pour que les jugements soient rendus même dans deux semaines ».

Pour ceux qui ont épuisé tout le processus d’appel, mais qui trouvent encore des lacunes dans les jugements rendus, le président de la République les a exhortés à saisir le Conseil supérieur de la magistrature qu’il préside.
« Nous avons récemment mis en place le secrétariat permanent du Conseil supérieur de la magistrature composé de juristes chevronnés. Ils pourront analyser tous les dossiers », a-t-il fait savoir.
Selon lui, le Conseil supérieur de la magistrature pourra désormais punir les juges qui commettront des erreurs par mégarde ou exprès.

Selon le chef de l’Etat, dans un pays où il y a la bonne gouvernance, la justice doit faire son travail pour que tous les conflits soient bien réglés : « La justice doit être renforcée pour que les conflits dans la société soient bien résolus, qu’il n’y ait pas de forme d’injustice ».

Ainsi, il a rappelé l’importance de la mise en place des conseils de notables collinaires : « Nous avons constaté qu’il y a des problèmes au niveau des tribunaux de résidence, des juges qui ne peuvent pas facilement se rendre sur terrain. Pour y remédier, on a pensé à mettre en place ces conseils de notables collinaires ».
Et d’appeler la population à élire des notables collinaires connus pour leur probité, leur impartialité et leur neutralité.

La population ayant des problèmes avec la justice était nombreuse au Stade Intwari. Le chef d’Etat leur a demandé de s’adresser au secrétariat permanent du Conseil supérieur de la magistrature.

Le chef de l’Etat s’est exprimé sur le Rapport de la CVR qualifiant les crimes à grande échelle commis par le régime de Michel Micombero de génocide contre les Hutu. « Il n’y a pas d’ethnie qui a massacré une autre », a-t-il déclaré tout en appelant les Burundais à dépassionner ce débat.

Le président de la République, Evariste Ndayishimiye a répondu aux questions en rapport avec l’incendie qui a ravagé la prison de Gitega avec un bilan de 38 prisonniers morts et de 69 autres blessés.

Selon lui, le bilan s’est alourdi, « il y a eu 64 morts, ils ont été enterrés et il y a même eu une prière pour ces disparus, tout le reste, ce ne sont que des rumeurs sur cet incendie dû à un court-circuit suite aux branchements anarchiques », a-t-il tenu à préciser.


Source: IWACU Burundi

By pr.web

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