Deux mois après l’entrée en vigueur de la mesure de délimitation de l’espace de circulation des vélos, motos et tuk-tuk, les conducteurs dénoncent les méfaits de cette mesure et demande au gouvernement de la revoir. L’administration se dit plutôt satisfaite.

« Je vais mourir de faim alors que j’ai mon vélo et la force pour travailler. Depuis le matin, j’ai seulement 600 BIF. Comment vais-je manger le midi et le soir ? », s’exprime avec amertume un conducteur de vélo rencontré à Mutakura en commune Ntahangwa à 10 heures de ce 20 mai.

Il confie qu’avant la nouvelle délimitation, il pouvait facilement obtenir entre 10 et 15 mille BIF : « Après cette mesure, on ne peut pas avoir même 3.000 BIF ». Et de demander à l’administration de laisser les deux-roues et tricycles accéder aux marchés de Cotebu et Bujumbura City Market.

Pour lui, subvenir aux besoins de sa famille est devenu un casse-tête : « J’ai une femme à Ngozi. Elle sait bien que je travaille à Bujumbura. Qu’est-ce que je lui dirais de retour à la maison ? Elle me dira que j’ai des concubines à Bujumbura ».

Même son de cloche avec un conducteur de tricycle. Ce dernier témoigne qu’il ne peut plus donner les 25 mille BIF de versement journalier au propriétaire de son tuk-tuk : « Avant la mesure, on pouvait obtenir plus ou moins 60 mille BIF par jour. Malheureusement après la nouvelle délimitation, je reçois à peine 15 mille. Avec cette somme, il est impossible de s’approvisionner en carburant, prendre en charge ma famille et donner le versement au propriétaire ».

Il regrette que dans les quartiers, les passagers préfèrent se déplacer avec les motos ou les vélos. Pour lui, cela défavorise les tricycles. Et de demander au gouvernement d’accorder plus d’espace de circulation aux tricycles.

« La pénurie du carburant aggrave la situation »

Pour un conducteur de moto rencontré dans la zone Kamenge de la même commune, la vie a tellement changé : « Avant la mesure, le versement était de 15 mille BIF par jour, mais on l’a réduit jusqu’à 10 mille ».

Selon un autre conducteur de moto, la situation s’est aggravée avec pénurie du carburant : « Nous devons parcourir des longs trajets portant des réservoirs des motos à la quête du carburant. Sur les stations, on nous chasse, nous malmène. On dirait que nous ne sommes pas des citoyens burundais ».

Avec la hausse des prix du carburant, certains conducteurs des motos disent qu’ils ne parviennent même pas à obtenir 5 mille BIF par jour. Ils appellent au gouvernement de revoir sa mesure et les laisser circuler jusqu’au pont Ntahangwa comme avant.

Dans une réunion de ce 12 mai, le maire de la ville de Bujumbura, Jimmy Hatungimana a confié au ministre de l’Intérieur que les conducteurs des deux-roues et tricycles opérant dans le nord de la ville saluent la mesure de délimitation de leur espace de circulation.

« Ils ont élargi leurs espaces de circulation vers les provinces de l’ouest du pays. Ils témoignent qu’ils peuvent aller jusqu’à Muzinda transportant des marchandises et du fourrage. Leur seul problème est que le pont séparant les provinces de Bubanza et Bujumbura n’est pas encore réhabilité », a-t-il soutenu.

Source: IWACU Burundi

By pr.web

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