Dans chaque route, avenue, devant les boutiques, les magasins et les bistrots, les bouteilles vides en plastiques jonchent le sol. La plupart d’entre elles proviennent de l’eau minérale et des jus vendus à grande échelle dans la ville de Gitega. Ce que la population décrit comme un mal qui est venu supplanter les sachets.

Le phénomène de pollution plastique prend de l’ampleur à Gitega au regard du nombre croissant de bouteilles en plastique abandonnées ici et là. En labsence des poubelles publiques, les consommateurs des jus fabriqués au Burundi et en Tanzanie les jettent par terre sans se soucier de la pollution engendrée par l’accumulation de déchets en matière plastique. Pour la population de la ville, la mauvaise gestion de ces déchets, imputable d’une part à la négligence des consommateurs et d’autre part aux entreprises dont le plastique sert de conditionnement pour leurs produits en sont les causes. Aujourdhui, l’élimination de ces bouteilles dans l’environnement reste un casse-tête dans beaucoup de quartiers.

« Quand l’administration a interdit les sachets en plastique, nous avons applaudit tout en espérant que nos quartiers seront propres mais elle n’a fait que déshabiller Pierre pour habiller Paul », critique Athanase de Magarama. D’après lui, la décision reste insignifiante comparée au nombre de bouteilles et de déchets plastiques produits chaque jour. Il fait comprendre que les sachets étaient plus utiles à la population que ces bouteilles qui n’ont aucune utilité après la consommation de ces jus dont la population doute d’ailleurs des effets sur la santé.

« Je crois qu’il y a anguille sous roche sinon ces sachets tant diabolisés étaient moins polluants que ces milliers de bouteilles jetées», a-t-il ajouté.

Parlant de la vente et de la consommation de l’eau et de ces jus que contiennent ces bouteilles, plusieurs craignent le pire. Selon eux, dans les marchés, les boutiques et les magasins, ces bouteilles occupent la plupart des rayons. Certains jus viennent de la Tanzanie et les autres sont fabriqués localement et ils sont prisés par la population du moment que les limonades de la Brarudi et le sucre pour faire du thé restent introuvables sur le marché. « Que faire ? En cherchant à étancher la soif aujourdhui c’est l’environnement qui est détruit », déplore Déo un adepte de l’Eglise pentecôte.

Nécessité des poubelles écologiques

Devant l’ampleur de ces déchets non biodégradables, nombreux sont ceux qui proposent que les sociétés et les vendeurs de boissons embouteillées en plastique payent une taxe spéciale pour la collecte et le recyclage de ces bouteilles en plastique. « Sil ya un fonds disponible prélevé sur les ventes, peut-être que des associations ou des entreprises de collecte pourront voir le jour », explique Thomas un habitant de quartier Bwoga. Pour lui, ces fonds payés par les entreprises fabriquant ces bouteilles pourront impulser une économie.

Jeanne de Rango déplore le fait que ces déchets s’accumulent considérablement au vu et au su de tout le monde et personne ne veut bouger le petit doigt pour stopper ce fléau. En attendant que des mesures soient prises et que des projets soient étudiés, il faut la multiplication des poubelles écologiques dans des lieux très fréquentés par le public ainsi que des mesures incitatives pouvant encourager les acteurs en matière de lutte contre les pollutions plastiques.

Source: IWACU Burundi

By pr.web

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