La commission vérité-réconciliation a procédé à la qualification des crimes commis au Burundi en 1972 et 1973 devant les deux chambres du parlement réunis ce 20 décembre. Le parlement demande à l’Etat du Burundi de reconnaître ces crimes comme génocide contre les Hutus.

« La Commission Vérité et Réconciliation déclare solennellement ce 20 décembre 2021 que le crime de génocide a été commis contre les Bahutu du Burundi en 1972-1973 », a dit Pierre Claver Ndayicariye, président de la CVR.
Pour qualifier ces crimes de génocide, la CVR s’est basée sur ses enquêtes effectuées sur « les violations graves, massives et systématiques des droits de l’Homme commises en 1972 et 1973 contre les Barundi du groupe ethnique des Bahutu par le pouvoir de Michel Micombero ».

Selon Pierre Claver Ndayicariye, la CVR a jusqu’ici contacté 955 témoins ayant un âge compris entre 60 et 94 ans et appartenant à toutes les ethnies et à toutes les catégories.

« Les enquêtes montrent que les institutions de l’Etat, du président de la République aux administratifs locaux, le parti UPRONA, la justice, l’armée ont participé et contribué dans les arrestations et assassinats qui visaient les Hutus », a expliqué le président de la CVR.

Selon les archives, a-t-il ajouté, un conseil de guerre constitué de militaires a été mis sur pied et a condamné le 6 mai 1972 les intellectuels et fonctionnaires Hutu à mort.

A côté des témoignages recueillis, la CVR dit avoir déjà exhumé des restes de 19.897 personnes jetées dans 691 fosses communes sur 1 900 déjà identifiées jusqu’ici dans 10 provinces du pays : « Les fosses communes sont parmi les signes indéniables confirmant que le pouvoir de Michel Micombero a planifié et exécuté les massacres contre les Burundais de l’ethnie Hutu en 1972-1973 », a-t-il argumenté.
Ainsi, a expliqué Pierre-Claver Ndayicariye, les enquêtes de la CVR concluent que les crimes commis en 1972-1973 avaient une intention génocidaire.

« Que la responsabilité soit individuelle »

Selon le député Pascal Gikeke, il faut toujours éviter des crimes pareils pour honorer les victimes des massacres de 1972-1973. Cet élu du peuple a demandé qu’il y ait un fond pour indemniser les victimes de ces crimes
« Que les propriétés de Michel Micombero et du parti UPRONA pointé du doigt dans ces crimes soient saisis pour payer les dédommagements », a-t-il appelé.

Abel Gashatsi, député ressortissant du parti UPRONA, a nié toute responsabilité de son parti dans les massacres de 1972-1973. Il indique que le pays était à l’époque géré par les militaires. « Les crimes se sont passés après que Micombero ait dissous le gouvernement et nommé les gouverneurs militaires. Il n’y a jamais eu de réunion du parti UPRONA en tant que formation politique pour planifier et exécuter ces crimes », a-t-il essayé de justifier.
Pour lui, il faut que la responsabilité soit individuelle. Et d’appeler les membres de son parti qui auraient participé dans les massacres de 1972-1973 de demander publiquement pardon.

Le député Olivier Suguru a exhorté le CVR à continuer ces enquêtes avec les autres crimes qu’a connus le Burundi surtout ceux de 1988 et 1993. « Après les enquêtes, il faudra faire un rapport commun, mettre en place une date de commémoration commune et ériger un monument mémorial commun pour tous les crimes ».

Signalons que le parlement a adopté ce rapport de qualification présenté par la CVR. « Le parlement réuni en congrès adopte la déclaration solennelle de la CVR confirmant que les violations massives commises sur tout le territoire du Burundi en 1972-1973 constituent un génocide contre les Bahutu du Burundi », a lu Gélase Ndabirabe, président de l’Assemblée Nationale, dans la déclaration.

Le parlement a demandé à l’Etat du Burundi de reconnaître par voie législative ce « génocide 

Source: IWACU Burundi

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