Le président de la République, Evariste Ndayishimiye, a encore une fois tapé du poing sur la table publiquement. Lors de son déplacement, ce vendredi 24 juin en province Rumonge, il n’y est pas allé de main morte avec certaines autorités impliquées dans la fraude et spéculation sur des produits stratégiques. Elles ont été contraintes de s’expliquer publiquement.

Evariste Ndayishimiye dit vouloir écarter toute autorité administrative qui se rendra coupable de cas de fraude. Lors de sa décente dans la province Rumonge, ce 24 juin, le chef de l’Etat a commencé à écouter les doléances de la population présente au Stade Ivyizigiro de Rumonge. Objectif, comprendre les défis qui hantent la province Rumonge. Par après, il a sommé les autorités administratives de Rumonge de s’expliquer publiquement sur des cas de détournement et spéculation sur certaines produits stratégiques à savoir le sucre, le carburant, le ciment, etc.

Le premier a passé sur le gril : le conseiller économique du gouverneur, Gilbert Horugavye. Le président de la République l’a questionné sur des litres de carburant saisis à son domicile et chez l’administrateur communal. « C’est vrai, des cas de vol de carburant ont été rapportés. Mais, ce n’est pas la réalité », a tenté d’expliquer M. Horugavye avant d’être vite interrompu par le président. Il lui a posé la question de savoir où a été saisi le carburant ou si c’est un mensonge.
En bredouillant, le conseiller économique a reconnu qu’une petite quantité d’essence a été saisie à son domicile. Il a tout de même réfuté les fûts remplis de carburant comme rapporté, prenant à témoins ceux qui les ont saisis.

« Et tu n’as pas encore démissionné ? Si tu étais consciencieux, tu m’aurais déjà transmis une lettre de démission. Tu as attendu que je revienne à Rumonge pour savoir la vérité ? », a aussitôt rétorqué le président Ndayishimiye. Et d’ajouter sous les applaudissements de la foule : « C’est fini pour toi ». Pour lui, un litre suffit pour qu’il démissionne avant d’être démis de ses fonctions. Selon le chef de l’Etat, cette autorité est à mettre dans le groupe de ceux qui sont indésirables dans la fonction publique.

Puis, vient le tour du gouverneur de la province de Rumonge, consolateur Nitunga, de subir ‘’les foudres’’ du numéro Un burundais. En plus du carburant, Evariste Ndayishimiye a exigé de la lumière sur la distribution du sucre dans cette province. Le gouverneur de Rumonge a reconnu que des quantités de sucre ont été saisies chez des grossistes qui reçoivent le sucre de la Société sucrière du Moso (Sosumo).

Sanctionner les dirigeants fraudeurs

Le président a voulu savoir si ces fraudeurs ont été sanctionnés. « Les quantités saisies ont été vendues en collaboration avec la police et l’argent a été remis dans les caisses de l’Etat. C’est la mesure prise », a dit Consolateur Nitunga. Evariste Ndayishimiye lui a posé la question de savoir pourquoi la Sosumo n’a pas été informée pour que ces fraudeurs soient radiés de la liste des grossistes du sucre. Et de rappeler le cas d’un dirigeant qui a été démis de ses fonctions pour les mêmes raisons. « Est-ce que le gouverneur n’est pas au courant que celui qui spécule sur le prix du sucre est immédiatement radié de la liste des grossistes ? » s’est-il interrogé.

Le président n’a pas été du tout convaincu par les explications du gouverneur. Il a donné, jusqu’au 25 juin, au responsable provincial du Service national de renseignement (SNR) et commissaire provincial de police de lui fournir la lumière sur des cas de fraude et spéculation sur le carburant, sucre et du ciment dans lesquels sont impliquées les autorités.

Evariste Ndayishimiye a promis d’en découdre avec un groupe de commerçants et un député qui font la pluie et le bon temps à Rumonge. D’après lui, ces derniers se sentent intouchables. « Les choses doivent changer. »

L’administrateur communal de Rumonge, Jérémie Bizimana, n’était pas en reste. Le président de la République a exigé des explications sur un cas d’une vache abattue puis servi à la population alors que la viande présentée des signes de pourrissement. L’administrateur a jeté la responsabilité sur le gouverneur de province. « Je me suis rendu sur la colline Birimba et j’ai constaté que l’autorisation émanée du bureau provincial ».

Interrogé, Consolateur Nitunga, gouverneur de Rumonge a fait semblant de ne pas connaître l’affaire. « Je ne peux pas mentir devant cette foule. Si cela s’est passé, c’est dommage. En réalité, je ne me souviens pas de ça ».
Les propos du gouverneur pour se tirer d’affaire ont été immédiatement démentis par l’administrateur devant le président et le public. « Excellence le président de la République, je ne mens pas. L’autorisation émanant du bureau provincial est là. C’est le boucher qui le détient. »

Le Chef de l’Etat a également exigé la recherche et l’arrestation de deux enseignants qui ont récemment déserté le service après avoir violé leurs élèves.
Evariste Ndayishimiye appelle les autorités administratives, gouverneurs et administrateurs à collecter toutes les doléances de la population afin de trouver des solutions. « Ce n’est pas moi qui dois venir les résoudre alors que j’ai des gouverneurs comme représentants ».

Source: IWACU Burundi

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