Alors que la saison pluvieuse approche, des habitants de la zone Gatumba en commune Mutimbuzi, province de Bujumbura s’attendent à de nouvelles vagues d’inondations. Ils appellent l’Etat à construire des digues sur la rivière Rusizi.

Dans les quartiers de Mushasha et Kinyinya dans la zone Gatumba en commune Mutimbuzi à l’ouest de la ville de Bujumbura, des traces des inondations sont encore visibles. Des maisons écroulées non encore reconstruites, des tentes, la saison pluvieuse leur rappelle le calvaire vécu avec les inondations de l’année dernière. Des habitants restent toujours en alerte.

« Nous dormons la peur au ventre. Le risque des inondations est toujours là, car rien n’a été fait pour nous protéger des crues de la rivière Rusizi et du lac Tanganyika », indique un habitant du quartier Kinyinya I, montrant des fissures sur sa maison causées par de précédentes inondations.

Pour lui, la construction des digues serait une solution durable aux inondations : « Si on parvient à contenir les eaux de la Rusizi, on n’aura pas de problème avec les crues du lac Tanganyika, car elles sont moins fortes ».
En ce qui est de la délocalisation, il suggère une option : « Si on ne peut pas nous protéger tout en restant à Gatumba, l’administration peut nous trouver un autre lieu qui n’est pas éloigné du lac Tanganyika ».

Selon une habitante du quartier Mushasha I, la peur de nouvelles vagues d’inondations est évidente. Pour elle, on ne peut pas dormir tranquille alors que des inondations sont toujours attendues durant la saison pluvieuse.
Elle témoigne vivre comme une « nomade » tant que sa famille se prépare toujours à déménager suite aux inondations.

Selon elle, le curage de la rivière Rusizi et la construction des digues constituent des solutions efficaces aux inondations : « La rivière Rusizi est plein de sable et on peut la traverser même à pied. Ainsi, elle est souvent débordée pendant la saison pluvieuse. Le curage pourrait atténuer le risque des inondations ».

Cependant, elle ne soutient pas l’idée de délocalisation : « Les gens de Gatumba aiment la pêche dans le lac, le commerce transfrontalier, donc ils sont habitués à vivre ici. Chercher à nous relocaliser vers un autre milieu n’est pas bon pour nous ».

L’heure est à la délocalisation des écoles Mushasha I et II

Souvent victimes des inondations dues aux crues de la Rusizi et du lac Tanganyika, les écoles fondamentales Mushasha I et II ont commencé l’année scolaire 2022-2023 ce 12 septembre. Des tas d’eau s’observent toujours dans la cour, l’humidité sur les murs est apparente, mais les activités continuent à la normale.

Selon la directrice de l’Ecofo Mushasha I, Vangrine Baziruwiha, rien n’a été fait pour espérer que ces deux écoles ne fassent plus face aux inondations : « Avec la saison sèche, les eaux ont en peu reculé, mais il n’y a pas encore eu d’activités pour protéger l’école. Le ministère de l’Education et l’Unicef nous ont promis la délocalisation vers un autre lieu avant la rentrée scolaire, mais on attend toujours leur intervention ».

Elle regrette que les parents ne soient pas en mesure de contribuer pour protéger l’école contre les inondations : « Dans la récente réunion avec les parents, on a pensé construire une petite digue ou une clôture tout autour de l’école, mais ces derniers ne disposent pas de moyens financiers. Plusieurs familles ont été dangereusement touchées par les inondations ».

La directrice de l’Ecofo Mushasha I appelle le ministère de l’Education à accélérer le processus de délocalisation de ces deux écoles.

Contacté par Iwacu, le directeur général de la protection civile et président de la plateforme nationale de prévention et gestion des catastrophes, Anicet Nibaruta, reconnaît que la situation de Gatumba est préoccupante. Il indique que les activités de construction des digues sont prévues de commencer au mois d’octobre prochain.

« En plus de la construction des digues, le projet du gouvernement financé par le PNUD inclut aussi la stabilisation des berges de la rivière Rusizi et la protection de ses bassins versants tout en protégeant l’environnement », précise-t-il. Et de faire savoir que le curage de la rivière Rusizi n’est pas envisagé comme cela peut causer d’autres dégâts.

Source: IWACU Burundi

By pr.web

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