Les administratifs des communes urbaines de Mukaza, Muha et Ntahangwa ont organisé dans l’après-midi de ce mercredi 2 mars des séances d’explication de la nouvelle mesure délimitant les zones autorisées pour les motos, les vélos et les tricycles.

Les raisons sécuritaires invoquées, avec des chiffres d’accidents de roulage causés par les motos, les vélos et les tricycles à l’appui, n’ont pas tout à fait convaincu les conducteurs de vélos-taxis, de mots-taxis et de tuk-tuk conviés à ces réunions.

Ces administrateurs des communes urbaines de Mukaza, Muha et Ntahangwa étaient accompagnés par des cadres de la police de ces entités ainsi que des officiers de la police spéciale de roulage.

« La ville s’agrandit, la population urbaine augmente et les embouteillages deviennent insupportables », a expliqué l’administrateur Rénovat Sindayihebura, de la commune de Mukaza dans les enceintes du Lycée Scheppers de Nyakabiga. Selon lui, la mesure a été prise dans le but de protéger la population et ses biens.

Sentant qu’il y a quelques réticences cette autorité n’a pas hésité à demander à ceux qui se voient dans l’impossibilité de respecter cette mesure limitant l’espace de circulation des deux-roues et tricycles de changer carrément de métier.
Parmi les intervenants, dans les enceintes du Lycée Scheppers de Nyakabiga, il y en a qui ont ouvertement rejeté la mesure arguant qu’elle n’est pas fondée, que le problème d’accidents invoqué sera déplacé vers le nouveau périmètre autorisé pour les deux-roues et les tricycles

« Puisque vous évoquez les accidents, est-ce que les populations vivant dans ces zones ne sont pas à protéger ? Il faut plutôt penser à d’autres mesures ».

Malgré le brouhaha mêlé de contestations, dans l’assistance, certaines voix se sont élevées pour saluer la mesure instaurant cette nouvelle zone de délimitation du périmètre autorisé pour les vélos-taxis, les mots-taxis et les tuk-tuk.
« Oui, il faut que la sécurité des citoyens soit assurée, il faut comprendre la mesure et nous adapter même si la vie risque de devenir encore plus chère puisque l’approvisionnement des marchés et différentes courses étaient assurés par ces vélos-taxis, ces mots-taxis et ces tuk-tuk. Les prix des denrées alimentaires et du charbon de bois vont augmenter ».

« Il faut de bonnes routes et une formation sur le code de la route »

Présent au Lycée Scheppers où se tenait cette réunion entre l’administration et les conducteurs de vélos-taxis, de mots-taxis et de tuk-tuk, le commissaire communal de Mukaza a mis en garde toute personne possédant une moto, un vélo ou un tuk-tuk dans la zone interdite pour les deux-roues et les tricycles : « Si par hasard, pendant la fouille perquisition, la police les retrouve dans la partie où ils sont bannis, ils seront saisis et confisqués, il faut les amener dans le périmètre autorisé ».

Dans la réunion organisée à l’intention des conducteurs et propriétaires de vélos, de motos et de tuk-tuk en commune urbaine, ces derniers ont dénoncé ce qu’ils ont qualifié de « mesure prise à la hâte ». Ils demandent que l’espace de circulation autorisé soit élargi. Ils recommandent des formations sur le code de la route.

Ils s’attendaient à une suspension de cette mesure mais leurs espoirs ont été vite déçus par les explications des cadres envoyés pour les convaincre. « Avec cette nouvelle délimitation, nous allons mourir de faim », ont-ils fait comprendre.
Dans la commune urbaine de Muha, les mêmes lamentations fusaient après les explications données par Mme Dévote Ndayisenga sur cette nouvelle mesure limitant l’espace de circulation des deux-roues et des tricycles. « Il vous faut obéir et respecter cette mesure prise par des gens que vous avez élus ».

Dans son argumentaire, elle n’a pas oublié d’implorer Dieu pour qu’il accorde aux conducteurs de vélos-taxis, de motos-taxis et de tuk-tuk, le courage, l’endurance et la patience. Mais une partie des gens venus l’écouter est sortie avant la fin de cette séance d’explication.

Source: IWACU Burundi

By pr.web

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