La réaction de ce lecteur sur le forum après la lecture de notre article sur l’université du Burundi nous interpelle tous. Nous avons jugé important qu’elle soit portée à la connaissance de tous. Merci à M.Uwimbo Gervais. La Rédaction

J’ai fait le Collège du Saint-Esprit, actuellement Campus Kiriri, à l’époque où il était tenu par les Jésuites. C’était un joyau qui faisait la fierté du pays et du monde entier (je n’exagère rien). Son entretien était rigoureux et fait au quotidien. Le père Sutore veillait à ce que toute défaillance, toute panne, tout défaut.. soit réparé ou corrigé sans délais. Et nous les petits et grands collégiens nous nous sentions confortables, dans ce palais de lumière, de verdure et de béton. Nous mangions très bien, nous dormions confortablement, nous regardions un film une fois par semaine. Nous avions la piscine autant que nous voulions; l’école lavait et repassait nos habits…Nous n’avions aucune raison de ne pas être intelligent. Dernièrement, par nostalgie, je me suis rendu sur les lieux. Premier étonnement: j’ai dû payer en monnaie sonnante et trébuchante le droit de visiter mon ancienne école! Comme si j’allais visiter les ruines des temples Mayas, Incas ou Aztèques en Amérique Latine. Une fois dans les enceintes du Collège, on se rend effectivement compte que l’idée de ruines n’est pas si lointaine: les murs et les pavements sont défraîchis, crasseux et lézardés. J’ai vu des fuites d’eau dans les plafonds, les jolis fenêtres et vitres sont pour la plupart cassés… et servent maintenant de séchoirs pour les habits. Je n’ai pas osé entrer à l’intérieur des locaux pour voir l’état des sanitaires, mais j’ai remarqué au pied du mur un gros tuyau qui déverse les eaux usées sur les pentes de la colline en contrebas. Une catastrophe environnementale. Deux infrastructures sont quand même bien entretenus: la piscine et la salle des spectacles. Pourquoi ces deux-là et pas les autres? Bref ces bâtiments qu’on a arrachés des mains des Jésuites sont en train de glisser vers l’anéantissement. Si l’autorité ne se réveille pas.

Source: IWACU Burundi

By pr.web

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