Le ministère de l’Intérieur, du développement communautaire et de la sécurité publique en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a organisé, ce 5 mai un atelier de sensibilisation des hauts cadres de la police nationale du Burundi sur le stress post-traumatique et ses conséquences sur la santé mentale des policiers. Le trauma est réel au sein de la police.

Il s’agit du projet de renforcer la paix durable à travers l’amélioration du bien-être psychosocial des femmes affectées par le traumatisme lié aux crises et aux violences basées sur le genre et des policiers œuvrant au niveau communautaire.
Ce projet est financé par le Fonds de Consolidation de la Paix (PBF) et mis en œuvre conjointement par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et Cord Burundi. Le projet cible particulièrement deux groupes, à savoir la police de proximité et les femmes traumatisées par les séquelles des crises et des violences basées sur le genre.

Un atelier a été organisé alors le 5 mai en vue d’éveiller la conscience de la police pour la mise en place et l’opérationnalisation des cadres de discussions et échanges sur les questions de santé mentale et bien-être psychosocial dans les structures de la Police. Dans cette perspective, il est prévu un accompagnement des services de police en vue du renforcement et de la pérennisation de la prise en charge des cas à problème en matière de Santé Mentale et Bien être psychosocial.

« Non plus, la police n’est pas à l’abri »

Le Burundi a connu beaucoup de crises qui ont engendré des traumatismes au sein de la communauté. Selon le général major de Police Christophe Manirambona, la police n’a pas été épargnée. Il fait savoir que jusqu’aujourd’hui, les conséquences de ces traumatismes se manifestent : « Nous voyons partout les personnes qui se suicident, des femmes qui tuent leurs enfants ou maris. Des maris qui trucident leurs femmes ou leurs enfants. Ce sont des infractions qui nous dépassent. Et le traumatisme peut surgir de là », a-t-il expliqué.

Parfois certains policiers ou forces de l’ordre poursuivit-il, font des erreurs dans leurs métiers suite aux traumatismes visibles ou invisibles qu’ils sont en train de subir.

« Le bien-être psychosocial, une fois perdu, la récupération est difficile »

Le docteur Michel Nsabiyumva rappelle certains signes du traumatisme : « La colère folle, l’oubli, l’inquiétude, la Difficulté à décider, le manque de concentration, l’anticipation négative, fatigue, un dysfonctionnement érectile sont entre autres des signes du traumatisme. Il est difficile à maintenir, une fois perdu, la récupération est difficile et chère et cela peut peser sur toute l’existence. Donc le bien-être mental est coûteux », a-t-il lâché.

Selon Titus Osundina, Représentant Résident PNUD Burundi a.i, au moment des crises les corps de sécurité sont toujours au premier front auprès de la population : « Les crises, où qu’elles se passent, laissent toujours des traumatismes qui peuvent être visibles ou invisibles et nous savons que les corps de sécurité sont toujours au premier front auprès des populations. Ils ne sont donc pas épargnés par ces traumatismes. Il est donc très important de s’assurer de leur bien-être psychosocial, au même titre que tous les autres aspects de leur vie, au vu des responsabilités qui sont les leurs », a-t-il démêlé.

Un appui qui vient à point

Au niveau de la police, il y a des structures de suivi qui contribuent au rétablissement des policiers traumatisés. Mais ce projet, comme l’affirme le général major de Police Christophe Manirambona sera une grande importance au sein de la police nationale burundaise. Il espère que l’inclusion de la santé mentale et le bien-être psychosocial dans les actions de la police pourra contribuer à aider des policiers victimes des traumatismes psycho-sociaux.

« Ce projet permettra d’éveiller la conscience à des hauts gradés de la police nationale du Burundi sur la réalité du traumatisme et ses conséquences sur le bien-être psychosocial et la santé mentale au sein de la police de proximité affectée dans les différents commissariats communaux du pays afin d’asseoir une durable et une cohésion sociale au niveau communautaire, une réconciliation authentique des burundais et un développement durable », a-t-il indiqué.

Il ajoute aussi que la prise de conscience accrue au sein de la police de proximité des questions du bien-être psychosocial et de santé mentale et la prise en charge permettront d’améliorer leurs interactions avec la communauté et les catégories à besoins spécifiques à servir, en l’occurrence les femmes et jeunes filles présentant un état de stress post-traumatique, telles que les rapatriées, les ex-combattantes, les communautés hôtes et les survivantes de violences sexuelles.Titus Osundina, Représentant Résident PNUD Burundi a.i encourage la police nationale burundaise. Il en appelle aux autres institutions nationales à conjuguer des efforts dans la gestion des situations traumatisantes qui durent de très longtemps afin d’assurer un futur meilleur.

Source: IWACU Burundi

By pr.web

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