Plus de personnes meurent annuellement par suicide. Les riches aussi bien que les pauvres ne sont pas épargnés. Selon le médecin psychiatre, Sylvère Sakubu les personnes souffrant d’un problème de santé mentale sont les plus vulnérables. C’est un comportement pathologique.

« Rien ne justifie le suicide, malgré les difficultés, les épreuves qu’on endure ici-bas sur terre. C’est un comportement anormal. Les personnes ayant des pensées suicidaires sont au bout de leur souffrance, et se disent que la seule solution qui reste est de mettre fin à la vie », a indiqué Sylvère Sakubu.

Des « red-lights » se présentent souvent, mais personne n’ose ouvrir sa bouche pour en parler. On brûle à l’intérieur. On ne parvient pas à faire sortir ce qu’on ressent. Soudain, on décide de mettre fin à la vie : « Mais au moment d’en arriver à l’acte de se suicider, cela émane d’une dépression profonde », a lâché le médecin psychiatre, Sylvère Sakubu.

Moult facteurs entrent en jeu

Monsieur Sakubu explique. Il n’y pas de fumées sans feu. Des signes qui ne trompent pas d’une personne ayant des pensées suicidaire sont multiples : « Il y a des signes évidents, lorsqu’une personne est déprimée, manifeste ce qu’on appelle une humeur dépressive. La personne est envahie par une vision pessimiste par rapport à soi-même et à ses proches. À côté de cette humeur, il y a une inhibition. Quelqu’un inhibé ou ralenti au niveau de ses idées, une certaine morosité peut se manifester. Rien ne va l’intéresser, la personne va être polarisée négativement. Elle ne va puiser dans ses antécédents que des négativités, malgré les points positifs qui ont existé ».

L’isolement peut se manifester, poursuit-il, il ne pratique plus les activités qui lui procurent de la joie. Un changement au niveau comportemental surgit : « Quand cela dure alors, cela va conduire aux pensées suicidaires. Voire passer à l’acte. Certaines personnes n’y arrivent pas, car elles sont épuisées, sinon il y aurait beaucoup de suicide. »
Docteur Sakubu mentionne qu’il y a aussi ce qu’on appelle la prédisposition génétique, car si l’on creuse très bien, on trouvera dans les antécédents familiaux : « Du côté paternel ou maternel, vous trouverez au moins qu’il y a une personne qui s’est suicidée. Mais à côté de ces facteurs biologiques, il y a aussi des facteurs environnementaux donc dans la communauté. Tout ce qui fait que la société ne mène pas une vie harmonieuse cela impactera sur le moral de la communauté », a-t-il démêlé.

Il ajoute aussi que ces guerres qui font que les gens perdent leurs biens et surtout perdre leurs biens, se retrouver du jour au lendemain orphelin, démunis, ce sont des facteurs qui font que les personnes finissent par déprimer. Et le fait de développer cette dépression, elle devient profonde et peut conduire au suicide.

Une boussole dans le désert

Tout le monde n’est pas à l’ abri. Mais non pas au même niveau. Mais les personnes entre 15 ans et 25 ans sont les plus touchées : « Ils traversent une période que je dirais transitionnelle, de l’enfance à l’âge adulte. Ces jeunes sont toujours à la quête d’une identité, mais d’une façon angoissée. Certains réussissent, d’autres échouent. Et parfois, ils n’acceptent pas l’échec alors que ce dernier fait partie de nos vies », a fait savoir M. Sakubu
L’autre tranche d’âge est celui des personnes âgées, car elles ont vécu et vu beaucoup d’atrocités : « Ils ont vu leurs biens et proches partir en vrille sans bouger un doigt. »

Pour aider ces adolescents, le psychiatre propose de chercher des spécialistes qui peuvent fouiller pour savoir réellement ce qui se passe, creuser davantage au fond d’eux. Et quant aux personnes adultes, il faut d’abord comprendre l’avènement de ces symptômes et les signes : « Quand le diagnostic est posé la prise en charge devient facile pour les spécialistes qui s’y connaissent. Après le traitement, la guérison est garantie, car le suicide n’est pas une maladie chronique, mais une pathologie comme tant d’autres », a-t-il affirmé.

Le médecin psychiatre conseille aux parents face aux adolescents de continuer à les assister, les suivre de près et les canaliser : « Les adolescents se croient être adultes, mûrs, mais ils oublient qu’ils sont toujours vulnérables. Ils ont donc besoin de l’appui parental. Ils doivent être leurs amis et non pas des personnes qui les condamnent, ou les pointent du doigt. Donc ils jouent le rôle d’une boussole », a-t-il conclu.

Source: IWACU Burundi

By pr.web

Leave a Reply

Your email address will not be published.