Le Président de la Commission nationale indépendante des droits de l’homme CNIDH Sixte Vigny Nimuraba, a présenté jeudi 17 février 2022 le rapport annuel 2021 de cette commission à l’Assemblée nationale. La présentation du rapport a été suivie d’échanges entre les députés et le président de la CNIDH.

Dans son rapport, le président de la CNIDH Sixte Vigny Nimuraba a évoqué certains cas de violations des droits de l’homme, entre autres des personnes qui restent détenues alors qu’elles ont été acquittées par les tribunaux ou qu’elles ont purgé leurs peines, notamment à la prison centrale de Mpimba.

Au cours de l’année 2021, la CNIDH a effectué 271 visites dans les cachots de la police communale, des commissariats de police et des parquets, a indiqué Sixte Vigny Nimuraba. Et d’ajouter que la CNID a constaté que certains détenus passent plusieurs jours sans être ni interrogés ni invités à contresigner les procès verbaux de garde à vue. Il y en a même qui sont libérés sans être informés des motifs de leur arrestation, a-t-il poursuivi.

Sixte Vigny Nimuraba a également fait savoir que la CNIDH a enregistré des cas de détenus qui sont malmenés et battus pendant ou après leur attestation. Le cas le plus récent est celui d’un détenu K.M. qui, le 22 Décembre 2021, a succombé sous l’effet des coups lui administrés par ses codétenus au cachot du commissariat de la PJ Ngozi. Et de préciser que les auteurs de ces forfaits sont souvent les OPJ, les codétenus et les personnes qui se substituent aux autorités judiciaires.

Dans le cadre de la lutte contre la torture, la CNIDH a enregistré 7 cas d’allégations de torture. Elle a mené des enquêtes pour vérifier ces allégations et a déjà soumis trois cas au ministère public pour des poursuites judiciaires. Concernant le droit à la vie, la CNIDH a enregistré 42 cas d’atteinte au droit à la vie, dont 35 liés aux allégations de disparition forcée, a souligné Sixte Vigny Nimuraba.

Il a indiqué qu’au cours de l’année 2021, la CNIDH a aussi mené des activités variées de promotion des droits de l’homme et d’autres liées à son rôle consultatif en matière des droits de l’homme.

Dans son commentaire sur le rapport de la CNIDH 2021, le président de l’Assemblée nationale Gélase Daniel Ndabirabe a estimé que c’est un rapport déséquilibré, incomplet où n’apparaît qu’une seule partie, l’État.

Le président de la CNIDH a répondu qu’on parle de violation des droits de l’homme quand il y a des agents ou institutions du secteur public qui sont impliqués. Considérant que ce rapport est la première mouture, Gélase Daniel Ndabirabe a recommandé au Président de la CNIDH, de l’enrichir, en tenant compte des observations émises par les députés, pour que ce soit un travail bien fait. Néanmoins il n’y aura pas d’autre présentation devant les députés, une fois achevé, le rapport sera uniquement déposé au bureau de l’Assemblée nationale.

Source: Radio Television Burundi

By pr.web

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