Suite à la guerre Russo-ukrainienne, quatre organisations œuvrant pour la promotion de l’agriculture au Burundi préoccupées par une éventuelle crise alimentaire au Burundi, ont organisé un atelier de réflexion ce 12 avril. Selon les représentants de ces organisations, le Burundi ne sera pas épargné.

« Beaucoup pensent directement aux importations du blé et de la farine de blé qui vont dangereusement chuter. Avant tout, ce sont les cours des engrais chimiques qui sont presque tous fabriqués à base de pétrole et de gaz et qui vont fortement impacter le Burundi pour le riz, le maïs, le haricot et le maraîchage. C’est la production locale qui risque d’être anéantie si on n’y prend pas garde », a lâché le secrétaire général de l’ADISCO, Libère Bukobero.

Il s’agit de l’Union Haguruka des Coopératives Multifilières (UHACOM), l’association Appui au Développement Intégral et à la Solidarité sur les Collines (ADISCO), l’Organisation d’Appui à l’autopromotion (OAP) et l’Association pour la Dignité Paysanne (ADIP). Ils ont organisé un atelier de réflexion sous le thème « guerre en Ukraine et éventualité d’une crise alimentaire au Burundi ». Cela en vue de mieux cerner les impacts de cette guerre sur le continent en général et en particulier sur le Burundi, réfléchir sur les stratégies à mettre en œuvre pour mitiger ses effets ainsi que réfléchir à des stratégies de moyen et long terme pour consolider l’agriculture burundaise face à de telles crises.

Le Burundi ne sera pas épargné

Selon le consultant, Léonidas Ndayizeye, les conséquences de la guerre en Ukraine dans le secteur agricole au Burundi sont inévitables. Il a soulevé notamment l’augmentation des prix de certaines denrées alimentaires, déjà observable sur les marchés.

L’Ukraine et la Russie, poursuit-il, sont d’importants producteurs de blé, de gaz et d’engrais, entre autres produits de base importants : « Avec la guerre en Ukraine, le monde agricole devra s’attendre à une hausse générale des prix de l’alimentation, y compris l’alimentation animale, qui pèserait lourd sur des filières déjà fragiles et se répercuterait sur les prix à la consommation », a-t-il fait savoir.

Il ajoute aussi que le Burundi n’important pas beaucoup de la Russie et de l’Ukraine, il sera essentiellement touché à travers la flambée des prix des produits agricoles aux multiples sources notamment les prix élevés des intrants agricoles, du carburant, de transport des produits importés et autres : « Un investissement important devrait être initié pour une autosatisfaction quasi-complète en denrées alimentaires au Burundi ».

La promotion de l’agroécologie

Le principal facteur limitant de la production agricole est la dégradation de la fertilité du sol suite au manque de fertilisants d’abord organique et à l’érosion.

Il s’agit donc de promouvoir des pratiques agroécologiques résilientes aux changements climatiques.
« Il nous faudrait renforcer les actions en cours de la société civile agricole pour la promotion de l’agroécologie et stimuler la faible utilisation des intrants externes notamment les engrais et les pesticides. Et promouvoir aussi la diversification et les polycultures intelligentes en privilégiant des cultures peu gourmandes en engrais chimiques surtout azotés comme les bananes, les légumineuses, le manioc, les colocases, les patates douces », a expliqué, le secrétaire général de l’ADIP.

Ces organisations de la société civile agricole proposent entre autres l’appui à l’agriculture familiale à travers le financement direct aux familles agricoles, l’agroforesterie, l’augmentation du cheptel, l’usage de la matière organique, afin de garantir la continuité alimentaire, des revenus et de la fertilité des sols.

« Nous devons renforcer les forces et limiter les vulnérabilités »

La guerre en Ukraine fait partie des chocs conjoncturels, a souligné Déogratias Niyonkuru, secrétaire général de l’Association pour la Dignité Paysanne. Il a mentionné qu’il faut conjuguer beaucoup d’efforts dans le domaine agricole pour se prévenir contre la famine au moment des crises.

Les quatre organisations œuvrant dans le secteur agricole ont émis des suggestions pour faire face à l’éventualité d’une crise alimentaire au Burundi : « Nous devons investir pour la réussite de l’année spéciale agricole proclamée par le président de la République du Burundi et apporter un soutien financier direct aux ménages. Il faut aussi investir dans la restauration et dans le maintien de la fertilité organique. Nous devons aussi apporter des appuis spécifiques aux plantations familiales des cultures de rente ».

Ces quatre organisations ont conseillé aussi de promouvoir la consommation locale et limiter la dépendance des consommateurs burundais aux produits étrangers qu’on peut produire localement.

Source: IWACU Burundi

By pr.web

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