La mesure interdisant les vélos, les motos et les tuk-tuk de circuler dans certains endroits de la capitale économique a été strictement respectée dans les quartiers du nord de la capitale. Mais la grogne subsiste suite au manque à gagner.

N.B est un vendeur de charbon. Il est à l’endroit dit « Kwa Itonde » en haut de Ntare House. Il écoulait ce produit dans les quartiers de Mutanga nord et sud, Nyakabiga et Jabe.

« Je pouvais facilement gagner 5 mille BIF par jour. Maintenant, je n’ai plus accès au marché d’écoulement. Je vais travailler à perte », se lamente-t-il. Il fait savoir qu’il lui sera difficile de trouver un autre marché d’écoulement.
« Le ticket de transport a doublé. Avant je payais 500 BIF pour arriver à l’arrêt bus mais maintenant je viens de payer 1000 BIF », s’indigne B.N. qui habite à Muberure.

Un élève rencontré, tout en sueur, les chaussures couvertes de poussière dit avoir parcouru plus de 4 km à pied pour arriver à l’arrêt bus. Avant, il se rendait à l’école à vélo. « Chaque jour, je vais payer 2.000 BIF pour le ticket ».

Des grognes partout

Les vendeurs qui utilisaient ces moyens de déplacement pour le transport de leurs marchandises assurent qu’ils enregistrent déjà d’énormes pertes suite à la mise en application de ladite mesure.
J.N est vendeuse de tomates au marché de Ngagara. Elle indique qu’elle s’approvisionne à Mpanda et que les vélos transportaient ses tomates jusqu’à Ngagara : « Cela était moins cher. Mais, actuellement les vélos arrivent au pont dit Nyabagere et nous sommes obligés de payer un taxi, ce qui se répercutera sur les prix sans doute ».
Une autre vendeuse à côté d’elle renchérit : « Ce n’est pas possible de payer un taxi de dix mille, lorsque tu as un capital de moins de cent mille. Il faut que le gouvernement pense aux pauvres aussi ».

Même son de cloche pour les mécaniciens et les vendeurs des pièces de rechange des motos, des vélos et des tuk-tuk. Ils font savoir qu’ils ne voient pas comment ils vont payer les loyers ou nourrir leurs familles.

L’un des vendeurs des pièces de rechange rencontrés tout près de l’église vivante de Jabe nous a confié qu’il vendait des pièces de plus d’un million par jour. « Grâce à mon business, je parvenais à payer le loyer et les frais de scolarité de mes enfants », ajoute-t-il.

Quant à un garagiste rencontré sur place, il nous a notifié qu’il compte déménager vers les quartiers qui ne sont pas concernés par la mesure. « Mais, je n’espère pas grand-chose compte tenu qu’il y avait déjà ceux qui y était. Plutôt je demande au gouvernement de revoir la mesure », souligne-t-il.


Source: IWACU Burundi

By pr.web

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