Après l’annonce de la mesure de la mairie de Bujumbura interdisant le commerce aux abords de la voie publique depuis ce 28 mars, certains commerçants déplorent une mesure prise à la hâte en leur défaveur. Ils demandent au maire de surseoir à cette mesure et à initier des concertations avec les concernés.

Pour une commerçante de friperies rencontrée au centre-ville, la mesure de la mairie a été prise à la va-vite : « Nous n’avons pas bien accueilli cette mesure. Nous avons des stocks de marchandises que nous n’aurons pas encore écoulés dans trois jours. Où est-ce que nous allons nous installer dans si peu de temps nous imparti ? »
Elle confie que c’est à travers ce commerce qu’elle parvient à assurer la survie de sa famille et la scolarisation de ses enfants : « Avec cette mesure, je ne sais plus à quel saint me vouer. Je risque de devenir une commerçante ambulante, ce qui est aussi illégal ».

Cette vendeuse déplore qu’un délai de quatre jours ne soit pas suffisant pour obtenir une autre place. Elle exhorte la mairie de se charger de trouver à ces commerçants des places dans les marchés : « La distribution des places dans les marchés n’est pas transparente. Les responsables de ces marchés nous demandent des pots-de-vin. Que le maire de la ville nous aide à y obtenir des stands ».

Et de demander à la mairie de donner aux commerçants exerçant aux abords de la voie publique au moins un délai d’un mois pour vider leurs stocks.

Quid des avances déjà payées ?

Même si ces commerçants exercent le long de la rue, ils confient qu’ils doivent payer mensuellement aux propriétaires des galeries pour y installer des stands.

Un commerçant de chaussures regrette qu’il eût déjà payé une avance de trois mois pour sa place devant une galerie au centre-ville : « Les propriétaires nous ont déjà signifiés qu’ils ne vont pas nous rembourser ces avances. C’est une perte énorme pour notre commerce ».

Il demande à la mairie de surseoir à cette mesure et donner aux commerçants un temps suffisant pour consommer les avances et vider les stocks.

Pour un vendeur de sacs à main approché, la mesure de la mairie a été prise à la hâte. Il rappelle que la plupart des commerçants au bord de la voie publique ont de petits capitaux, ce qui fait qu’il leur est difficile de trouver des places dans les marchés. Lui aussi demande une durée de deux mois pour vider les stocks avant de déguerpir.

« Je ne m’oppose pas à l’idée d’aller travailler dans les marchés, mais je ne peux pas me rassurer que j’aurais déjà trouvé une place jusqu’à lundi », indique une vendeuse de fruits et de légumes.

Même plainte pour cette mère de trois enfants rencontrée au centre-ville un manque à gagner sera énorme pour elle et sa famille si la mairie ne suspend pas cette mesure.

Lors de sa descente dans les différents points de vente dans la zone Rohero ce 24 mars, le maire de la ville de Bujumbura Jimmy Hatungimana a donné un délai de 4 jours aux commerçants exerçant leurs activités aux abords de la voie publique pour quitter les lieux.

Il a appelé les commerçants ayant installé des stands devant les boutiques à mettre leurs marchandises à l’intérieur. Pour ceux qui exercent le long des rues, le maire de la ville leur a demandé de dresser des listes pour bénéficier des stands dans différents marchés de la mairie de Bujumbura.

Source: IWACU Burundi

By pr.web

Leave a Reply

Your email address will not be published.