Dans les quartiers viabilisés de Bwoga, Zege, Karera et Ntobwe, ils sont nombreux à avoir reçu un ultimatum du ministre chargé des infrastructures d’une éventuelle dépossession des parcelles non construites. Ils affirment qu’ils sont pris au dépourvu.

Dans les sites viabilisés de Bwoga I, II Zege, Karera II, III, Ntobwe, presque la moitié des parcelles ne sont pas encore construites. Les unes sont clôturées mais sans maisons à l’intérieur. Dans les autres quelques travaux de terrassement sont visibles. On trouve d’autres aussi qui sont devenues des champs de maïs ou d’autres cultures vivrières. Rares sont deux ou trois maisons habitables qui se suivent dans ces quartiers. Aujourd’hui, un délai d’un mois est accordé aux acquéreurs par le ministre des infrastructures, de l’équipement et des logements sociaux pour mettre en valeur leurs acquisitions. Aussitôt ce communique sorti, les acquéreurs de ces parcelles sont sur le qui-vive. Nombreux sont ceux qui ne savent pas à quel saint se vouer.

Pour les uns, un délai d’un mois est trop petit pour relancer les chantiers. « Quand je l’ai cherchée, je prévoyais la construire dans 6 mois mais avec la crise de Covid-19 mon métier de commerçant est au ralenti. Mes économies ont fondu comme neige au soleil », explique Jacques qui a une parcelle à Bwoga. D’autres indiquent que la montée des prix du matériel de construction a douché leurs espoirs. Ils soulignent que dans la mesure où le ministère chercherait à saisir ces parcelles, il serait mieux de leur rembourser l’argent qu’ils avaient déjà dépensé.

« Nous ne pouvons pas faire un bras de fer avec l’Etat mais tout le monde sait que l’économie burundaise n’est pas forte, des négociations seraient les bienvenues », propose Béatrice une femme veuve de Karera. Selon cette mère de famille, les temps ne sont pas à l’expropriation mais plutôt d’accorder un délai raisonnable aux acquéreurs pour se préparer à la mise en valeur.

« Nous ne pouvons pas continuer de chercher des sites à viabiliser alors que même ceux qui y sont déjà ne sont pas mis en valeur. S’ils ne le peuvent pas qu’ils les cèdent à ceux qui sont capables », annonce Ir Déogratias Nsanganiyumwami après sa visite dans la capitale politique ce vendredi le 11 février 2022.

« Que ce ne soit pas des paroles seulement ! »

D’après certaines familles qui se sont déjà établies dans ces quartiers, il y a deux poids et deux mesures. « Nous sommes entourés par des chants, des chantiers non achevés et des broussailles. Ce qui peut causer l’insécurité. Qu’ils viennent y habiter ou laissent à ceux qui en ont besoin construire », déplore Juvénal de Karera. D’après lui, il est difficile d’assurer la sécurité de sa famille quand il n’y a pas de voisins proches. Les bandits ou autres malfaiteurs se cachent dans ces quartiers partiellement habités pour commettre leurs forfaits.

« Que ce soit la nuit ou la matinée, nous subissons des assauts des voleurs qui défoncent les maisons et pillent tout. Je ne peux pas me permettre de laisser un poste téléviseur ou les coussins au salon la nuit à cause des voleurs qui pullulent ici », ajoute Théodore. Pour d’autres personnes interviewées après ce communiqué, les avis sont tranchants. Elles pointent les magouilles qui rongeaient les anciens services de l’urbanisme. Pour eux, ceux qui recevaient des parcelles n’étaient pas ceux qui cherchaient un logement mais plutôt ceux qui voulaient les vendre au prix fort. Elles font savoir que ces derniers possèdent plus d’une parcelle dans chaque site viabilisé.

Source: IWACU Burundi

By pr.web

Leave a Reply

Your email address will not be published.