Une équipe du Fonds Monétaire International (FMI) a effectué une mission virtuelle, du 24 février au 16 mars 2022, pour mener des entretiens relatifs aux consultations au titre de l’article IV des statuts du FMI. Selon cette institution, la relance économique amorcée devrait se raffermir avec une croissance du produit intérieur brut (PIB) à 3.6%.

« Le PIB réel a rebondi de 2.4% en 2021, sous l’effet d’une reprise des activités des secteurs primaire et tertiaire qui ont bénéficié de l’assouplissement des mesures de distanciation et de restrictions de voyage. La production agricole a été soutenue par l’amélioration de la fourniture d’intrants, y inclus celle des engrais et des semences de qualité », indique Mame Astou Diouf, cheffe de mission pour le Burundi.

Selon elle, le secteur secondaire a connu une croissance plus faible comparée à 2020 causée par le ralentissement des activités minières induits par des renégociations d’agréments d’exploitation. « La relance économique amorcée devrait se raffermir avec une croissance du PIB à 3.6% en 2022 tirée concomitamment par tous les secteurs, bien que ralentie par les effets de la guerre en Ukraine. »

D’après le FMI, la croissance devrait s’accélérer au fur et à mesure que les effets de la pandémie de COVID-19 s’estomperont et que les projets d’investissements et les réformes en cours porteront leurs fruits. Cette institution indique que la croissance économique pourrait être plus forte que projetée compte tenu des initiatives du gouvernement, des réformes pour soutenir la résilience de l’économie et de la possibilité de financement étrangers plus élevés que prévus faisant suite à la collaboration plus proche avec la communauté internationale. « Cependant, des risques pèsent sur le cadre macroéconomique en raison des incertitudes entourant la situation géopolitique en Europe, la fin de la pandémie et les aléas climatiques au Burundi. »

Quid de l’inflation

Selon le FMI, l’inflation a augmenté à 8,3% en 2021, contre 7,5% en 2020, tirée par le renchérissement des prix des produits alimentaires. « Elle devrait s’accélérer à 9,2% en 2022 à cause de la hausse des prix des matières premières comme le pétrole, une conséquence de la crise en Europe. » Toutefois, prévient le FMI, l’inflation importée pourrait cependant être moindre que les prévisions actuelles, compte tenu de la possibilité d’une production agricole meilleure que prévue qui pourrait réduire les prix des produits alimentaires, des mesures de régulation des prix des produits stratégiques et des initiatives de substitution aux importations en cours.

Quant au déficit budgétaire, il est projeté à 4,6% en 2021/22 (contre 7.9% en 2020/21). « Une consolidation budgétaire favorisée par l’amélioration du recouvrement des recettes et une hausse des dons, notamment grâce aux dons de vaccins contre la COVID-19, ainsi qu’une baisse des dépenses courantes. » Le FMI fait savoir que les investissements publics devraient se raffermir, marquant une reprise après le ralentissement causé par la pandémie. « Le déficit budgétaire devrait cependant se creuser en 2022/23 sous l’impulsion d’une augmentation plus poussée des investissements publics, compensant le rebondissement attendu des recettes et des dons. »

Selon le FMI, le déficit du compte des transactions courantes s’est creusé en 2021 sous le double effet d’une baisse des exportations (de café et produits miniers) et d’une hausse des importations répondant aux besoins de l’économie en biens intermédiaires et de lutte contre la COVID-19. « Malgré une hausse des exportations d’or, le déficit du compte des transactions courantes devrait se creuser davantage en 2022, à cause de la hausse des prix des matières premières, notamment ceux du pétrole », souligne le FMI.

Source: IWACU Burundi

By pr.web

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