Après la hausse des prix du carburant, les conducteurs des véhicules consommant le mazout déplorent que la pénurie de ce produit persiste. Selon le président de la République, cette pénurie est liée au manque de devises.

Sur différentes stations-services en mairie de Bujumbura s’observent des longues files d’attente des camions, de camions bennes, des bus de type Toyota Coaster et d’autres automobiles consommant le mazout.

Les conducteurs attendent patiemment l’alimentation en mazout, mais cela fait plus de deux semaines d’attente pour certains. Lorsque certaines stations reçoivent une petite quantité, le désordre commence. Chacun veut être le premier servi.

« Cela fait trois semaines que je suis sur cette file d’attente. Il n’y a pas de mazout. J’ai passé par plusieurs stations-services. On nous disait qu’on allait approvisionner cette station, mais en vain. Les pneus sont déjà en panne », regrette un conducteur de camion rencontré sur la station Interpetrol en zone Bwiza le long du boulevard du peuple Murundi. Selon lui, le gouvernement devrait prendre des mesures efficaces pour juguler ce problème de pénurie plutôt que hausser les prix seulement.

Les autres conducteurs déplorent des magouilles sur les pompes : « Même lorsqu’on approvisionne cette station, on sert d’abord des gens qui viennent avec des bidons, des bagages et qui ne sont pas même sur la file d’attente. Après quelques minutes, on nous dit que le mazout est fini ».

A 11 heures ce 11 mai, obtenir le mazout était un casse-tête sur une autre station Interpetrol dans la zone Ngagara au nord de la ville de Bujumbura. Alors qu’on venait d’amener 20.000 litres ce matin vers 11 heures, seul le plus fort pouvait s’approvisionner. Des bidons, des réservoirs de camions, des tonneaux… Chacun passait par toutes les voies pour obtenir du mazout.

« Seuls ceux qui ont des bons de commande et ceux qui ont amené des bidons sont servis. Ils vont, par après, nous dire que le mazout est terminé avec deux ou trois camions seulement approvisionnés. La situation est comme ça depuis trois semaines », s’indigne un chauffeur d’un camion benne.

Ces chauffeurs de poids lourds et autres véhicules consommant du mazout demandent au gouvernement de disponibiliser le carburant après la hausse du prix de ce produit.

« Un manque à gagner énorme »

Pour certains conducteurs, passer deux semaines sur une file d’attente est une grosse perte. « Les conducteurs n’ont pas de réserves. On ne peut pas manger sans avoir travaillé. Passer deux semaines sur ces files plonge nos familles dans la misère ». Ils déplorent des spéculations qui font qu’un bidon de 40 litres de mazout s’achète à 250 mille BIF en clandestinité.

En outre, ils dénoncent que ceux qui sont servis dans les bidons sont les mêmes qui vendent du carburant en clandestinité à des prix exorbitants. Et d’appeler l’administration et la police à prendre des mesures pour lutter contre la vente clandestine du carburant.

En plus des spéculations, la sécurité des véhicules sur les files d’attente n’est pas assurée. Les conducteurs doivent veiller toute la nuit pour que les pièces de leurs véhicules ne soient pas volées.

Dans une conférence de presse animée ce 10 mai, le président de la République, Evariste Ndayishimiye a expliqué ce manque de carburant par le manque de devise : « Aujourd’hui, il est question de savoir la quantité de carburant que nous avons. La quantité que nous recevons dépendra de devises que nous avons ».

Selon le président de la République, les prix du carburant étaient restés stables parce que le gouvernement avait abandonné certaines taxes sur ce produit jusque cela devienne impossible.


Source: IWACU Burundi

By pr.web

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